Il y a une quinzaine d'années, dans la chaleur aveuglante d'un mois d'août,
j'ébauchais une troisième vie. Je sacrifiais un long amour d'étudiant, j'avais les poches vides,
j'étais sans domicile, sans travail fixe et sans avenir certain.
Emporté par l'irrationel et la passion, je catapultais mon étoile
dans le ciel bleu d'une muse légère, reine téméraire et amante excessive.
Réfugiés dans un atelier studio pièce à vivre
nous eûmes la surprise, en déballant nos cartons, de retrouver chez l'un et chez l'autre,
un objet cassé, symbole de notre vie antérieure
Des ustensiles métaphores qui allaient être le point de départ d'une exposition commune,
mixant allégrement et sans complexe, papiers déchirés et totems bricolés, photos grattées et
peintures lacérées.
Quelqu'un lit dans mon cerveau. Hier, dimanche des morts, dans la lumière humide de l'automne,
cette vibration devant mon regard, tombée du ciel :
Les objets ont une âme, les images un sens, les coïncidences sont troublantes.
Aujourd'hui cette histoire est silence, mais que faire de ce(s) signe(s) ?